CVE : le temps des interrogations

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La CVE a été confrontée d’emblée à des questionnements sur son devenir.

Interrogations encore et d’autant plus d’actualité au lendemain de la présidentielle et à la veille d’une dissolution possible ou probable. L’instance personnifiée par M. Kane Hamidou Baba est née d’un contexte Elle procède surtout de la volonté populaire et est condamnée à œuvrer pour survivre à l’un et ne pas décevoir l’autre.

Association, par définition pluraliste, d’éléments soudés par un objectif transcendant, la CVE couve aussi des ambitions concurrentes. Malgré son caractère innovant, le mode de désignation de son leader a pu générer des ressentiments propres à toute compétition. La séquence présidentielle fut un étouffoir et non un éteignoir.

Agrégeant notamment des formations politiques préexistantes, avec des destins contrastés (certaines sont dissoutes par exemple), des profils différents, la CVE ne pouvait échapper à ses questionnements actuels. C’est l’occasion de faire quelques rappels et d’envisager des possibles.

L’histoire de la CVE est enracinée dans la présidentielle. Cette imbrication pourrait durer aussi longtemps que le cap de sa transformation en parti politique n’aura pas été franchi. Dans l’attente de ce tournant éventuel, le maintien à sa tête de KHB relève de la cohérence minimale et de l’ordre naturel des choses. A moins évidemment que ce dernier n’en décide autrement.

Pour la première fois, en Mauritanie, le scrutin présidentiel a suscité une dynamique unitaire autour d’une candidature centrée principalement sur la « question nationale » ou perçue comme telle. Chahuter cet acquis sans offrir de solution alternative au moins équivalente serait rédhibitoire et contre-productif. Il ne faut pas perdre de vue une donnée essentielle tenant au fait que l’avènement d’un cadre fédérateur de concertation avait été fortement voulu par divers acteurs et par la base électorale. Bon nombre de soutiens à la CVE ne revendiquent aucune affiliation partisane.

Pour l’heure, force est de constater qu’aucune nouvelle offre unitaire de substitution ne s’impose de manière évidente. Reste un pis-aller: détruire sans remplacer.

La CVE n’est pas totalement immunisée contre des risques d’implosion ou à tout le moins de défections. Si celles-ci venaient à se produire, les partants auraient le choix entre se replier sur leur formation originelle ou tenter l’expérience d’une nouvelle structure « confédérale ». Laquelle ne pourrait évidemment se dénommer CVE. Il lui manquerait irrémédiablement le moment électoral fondateur. Mais là n’est pas l’essentiel. Le pari est risqué. Les deux questions fondamentales auxquelles les éventuels « transfuges » pourraient être contraints de répondre seraient les suivantes : pourquoi et pourquoi faire ? Ils auraient donc à s’expliquer sur le sens et sur la portée de leur démarche.

Toutes ces occurrences auront bien entendu un impact sur la perspective électorale dans l’hypothèse d’une dissolution. Faut-il rappeler qu’en tout état de cause, d’un point de vue réglementaire, seuls AJD et le FRUD seront en mesure de présenter des candidats au nom de la CVE ? Ce qui suppose le maintien de ces formations à l’intérieur de ce cadre. Ce qui, également, en filigrane, interroge l’attitude des responsables de ces partis. Seraient-ils prêts et, si oui, jusqu’à quel point, à privilégier une candidature de KHB aux législatives? Cette dernière aurait, sans nul doute, la légitimité pour elle, doublée d’une cohérence avec la trajectoire politique de l’intéressé.

L’autre hypothèse serait la transformation, dans l’intervalle, de la CVE en une formation politique reconnue. Dans cette hypothèse, KHB en serait ipso facto un des candidats naturels. Beaucoup de questions et d’incertitudes. Puisent les acteurs méditer l’adage suivant : mieux vaut un œuf dans la main qu’une poule sur le toit».

Tijane Bal


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